Pendant 2 mois, j’ai cru que j’allais être maman…

27 juin

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Mon dernier billet date d’environ un mois et demi.

J’étais sur mon petit nuage. Je n’avais ni le temps ni l’envie d’écrire.

J’avais ce petit secret que je gardais jalousement. Seules quelques personnes de mon entourage proche étaient au courant, et aujourd’hui, je me dis, amèrement, que nous avons bien fait de garder le secret…

J’attendais donc avec impatience le jeudi 30 juin, date présumée de ma première échographie de grossesse, pour vous annoncer que j’étais enceinte.  Mais la nature en a décidé autrement.

Hier, j’ai fait une fausse-couche.

Cela a commencé dans la nuit du samedi au dimanche par des pertes brunâtres en m’essuyant puis dimanche, des saignements plus importants et plus rouges accompagnés de douleurs dans le bas ventre. Cela faisait également quelques jours que mes seins n’étaient plus aussi tendus.

Je suis médecin. Je dois forcément savoir ce qu’il m’arrive. Oui et non. Oui, j’ai pensé tout de suite à une fausse-couche. Non, j’espérais, je priais que ce soit autre chose.

En définitif, c’était bel et bien une fausse-couche. Le gynécologue de garde a été super. Très empathique, très humain, très rassurant quant aux futures grossesses. La sage-femme maladroite, mal à l’aise.

Il y a plus de 200 000 fausses-couches par an. Plus d’une grossesse sur quatre se termine par une fausse-couche.

C’était ma première grossesse.

Pendant deux mois, j’ai eu tous les symptômes de la grossesse. Pendant deux mois, je me suis fait une joie à l’idée de devenir une maman. Pendant deux mois, j’ai pensé qu’on était deux; trois avec mon conjoint. Pendant deux mois, j’ai aimé cet ‘enfant’ qui, je pensais, grandissait en moi. Pendant deux mois, j’ai pris soin de mon alimentation, fait attention à moi parce que je n’étais plus seule. Pendant deux mois, j’ai été fière de voir mon ventre s’arrondir. Pendant deux mois j’ai été fière de porter l’enfant de l’homme que j’aime. Pendant deux mois, je me suis imaginée mon enfant. Pendant deux mois, je lui ai parlé. Pendant deux mois, je l’ai aimé.

Dans mon cas, c’était un oeuf clair. Un oeuf clair résulte d’une grossesse arrêtée, non évolutive. Depuis combien de temps? On ne sait pas vraiment le dire.

Quand on me l’a annoncé,  je me suis sentie bête. Tout simplement bête.

C’était un oeuf clair, un oeuf sans embryon. Et là, j’étais en train de faire une fausse-couche.

Le fait qu’il n’y ait pas d’embryon a rendu la situation, on va dire, moins difficile à vivre. A une heure du matin, au bout de plusieurs heures de contractions utérines vraiment douloureuses (et je suis dure au mal), j’ai expulsé l’oeuf, pliée en deux sur les toilettes… Je n’ose même pas imaginer si ça avait été un foetus…

A l’heure où je vous écris ce billet, je suis comme amorphe, anesthésiée, fatiguée, épuisée. J’ai passé la journée à pleurer, à lire les témoignages d’autres femmes qui, comme moi, ont fait une fausse-couche.

Dans la maison, il y a plein de petites choses qui me rappelle cette grossesse tant désirée: des petits chaussons que j’ai tricotés, une brassière en cours de tricotage, mon cahier de grossesse acheté dans une station-service lors d’un de mes nombreux déplacements professionnels, une petite grenouillère Jacadi toute mignonne achetée il y a une semaine, mon test de grossesse que j’ai gardé dans une boîte à chaussures Repetto, le body et les chaussures achetés par la mamie, les résultats de ma prise de sang avec les beta-HCG sur mon ordinateur, les vêtements de grossesse que j’ai achetés sur internet… J’ai d’ailleurs un colis avec des vêtements de grossesse que je n’ai pas encore ouvert. En cadeau dans ce colis, il y a un biberon anti-coliques…

Je culpabilise même si je sais que je n’y suis pour rien.

A l’heure actuelle, je ne veux voir personne, je ne veux parler à personne.

Je voudrais que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve.

Je voudrais avoir, jeudi prochain, ma toute première échographie et voir bouger mon petit et entendre battre son coeur.

Je voudrais vous dire que je suis enceinte.

Je voudrais à nouveau être deux.

J’avais besoin de partager cette épreuve de vie difficile.

Maintenant, j’ai besoin de faire le deuil de cette grossesse.

J’ai besoin de passer à autre chose.

Quand tu ne sais pas quoi écrire…

16 mai

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J’ai créé ce blog parce que j’avais besoin de parler, besoin de partager, besoin d’échanger, besoin de pousser des coups de gueule, besoin de lire d’autres personnes, besoin de communiquer avec des personnes réelles autres que celles de mon entourage.

Il me manquait quelque chose dans ma vie. Je ne peux pas dire si j’ai trouvé ce quelque chose dans la blogosphère. Mais je suis très contente de cette expérience.

Quand l’on dit à quelqu’un que l’on tient un blog, bien souvent, ça étonne, ça interpelle. Parfois, ça met mal à l’aise. Des fois, on me demande si j’ai du succès…

Le succès, je pense que peu d’entre nous écrivons pour le succès. Bien entendu, cela fait énormément plaisir d’être lu. Sinon, on se serait contenté de tenir un banal journal intime. Mais là, on publie. Tout est publique. N’importe qui peut tomber sur nos billets, sur nos états d’âme. On adore toutes voir des « J’aime ». On adore toutes voir les commentaires des copines. On adore lire les billets des copines. On adore commenter les billets des copines. On adore faire de nouvelles rencontres.

Cela nous rend heureux de lire que les copines sont heureuses, et triste de lire qu’elles sont tristes.

Au-delà du succès, je pense que ce que recherchent les blogueuses humeurs, c’est de la bienveillance, de la compassion, toute cette humanité qu’il semble bien souvent manquer dans notre entourage.

On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas forcément ses amis dans la vraie vie, mais on choisit celles qu’on veut suivre sur la blogosphère, et des fois, je me dis que je partage bien plus avec celles que je lis sur la blogosphère qu’avec mes amis de la vraie vie.

Après, bien sûr, il y a des biais, comme dans tout. Il n’y a pas d’interactions directes. Tout est plus réfléchi même si on se veut être le plus authentique possible. C’est peut-être ce qu’il faudrait à notre société. De la réflexion…

Ce que j’ai de plus en plus de mal à supporter, ce sont l’égoïsme et l’égocentrisme des gens. Avant, je disais que c’était la mauvaise foi. Maintenant, ce sont l’égoïsme et l’égocentrisme.

Moi, moi, moi. Moi, moi, moi. Toujours moi.

Malgré tout ce qu’on peut dire, je ne pense pas qu’il puisse y avoir de l’égoïsme ou de l’égocentrisme dans la communauté blogueuses humeurs.

C’est un partage perpétuel.

C’est ma vision des choses. Mais je peux me tromper.

Voilà, je ne savais pas trop quoi écrire ce matin.

Des bisous et à très vite.

Agnès, votre petit brin de femme.

La censure par le conjoint…

12 mai

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Ah, je vois déjà la tête de certaines d’entre vous (ou du moins je m’imagine vos têtes :) )!

Non, ce n’est pas possible. De quel droit? Pour qui il se prend?

Après tout, on écrit ce que l’on veut. On est libre de faire ce que l’on veut.

Et bien, oui et non. J’ai toujours écrit comme je voulais. J’écris comme je parle. J’utilise les mêmes mots, les mêmes phrases, les mêmes tournures de phrases.

Mais voilà, mon blog n’est pas complètement anonyme, puisque je l’ai partagé avec des personnes que je jugeais de confiance… Et donc, je ne suis plus libre de dire ce que je veux, de peur de vexer un tel ou un tel.

Personnellement, j’encaisse assez facilement la critique. Bon, comme tout le monde, ça ne me fait pas plaisir d’être critiquée. Je boude, des fois je pleure, des fois je râle, mais après je me remets en question. Malheureusement, ce n’est pas donné à tout le monde.

Du coup, j’ai un dilemme: dois-je arrêter d’écrire sous ce pseudo et me créer un nouveau profil?

Franchement, j’en n’ai pas envie. Je l’aime bien mon pseudo et même mon blog, même s’il est des plus basiques (je suis un peu une neuneu de l’informatique…).

Bref, je ne sais plus. Après, si c’est pour me faire censurer à chaque fois, ça risque de ne plus être très drôle.

Sinon, je me dis que ce serait un bon exercice: apprendre à écrire de façon plus générale, apprendre à avoir plus de tact.

Ce n’est pas toujours bon d’être frontale et de dire tout ce qui vous passe par la tête.

Bises les filles et à très vite.

Pourquoi culpabilise-t-on de garder espoir?

4 mai

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En tant que médecin, je suis quotidiennement confrontée à l’annonce de maladies graves et à la mort.

Chacun réagit différemment à une telle annonce.  Mais curieusement, alors que tout le monde aspire à aller mieux, que tout le monde aspire à un dénouement heureux, je remarque que, paradoxalement, bon nombre culpabilisent de garder espoir.

Pas plus loin qu’hier, j’ai été confrontée à cette espèce de ‘culpabilité’…

A la demande de mes beaux-parents, je suis allée hier rendre visite à un de leurs amis, actuellement hospitalisé pour la découverte récente d’un cancer d’emblée métastatique.

Je n’y suis pas allée en tant que médecin mais plus en tant qu’amie…

Je savais à peu près à quoi m’attendre puisque c’est mon quotidien..

Il y a eu des pleurs, des peurs verbalisées, du désespoir, un soupçon de colère, quelques regrets, des ‘j’aurais pu mieux faire’, des ‘si j’avais su’, et enfin toujours ce regard suppliant, toujours ce même regard qui demande sans le verbaliser: « Vais-je m’en sortir? »

Malheureusement, on ne guérit pas d’un cancer métastatique. Mais qui dit, pas de guérison, ne dit pas forcément mort imminente. Il y a cancer et cancer, et métastase et métastase…

Faire le deuil de la bonne santé, accepter qu’on ne sera plus comme avant, accepter qu’on aura un traitement à vie, tout ça est extrêmement difficile à encaisser, surtout quand, il y a encore deux mois, tout allait bien et qu’on disputait un tournoi de tennis…

Extrêmement difficile, surtout quand tout le monde vous dit: « Bon courage… », avec ce regard d’une infinie compassion, qu’à force, on ne supporte plus de voir parce que: « Oui, on veut croire que ça va aller mieux. Oui, on veut croire que les traitements spécifiques vont l’aider à s’en sortir! »

C’est un très long cheminement, que ce soit pour le malade et pour la famille. Un long cheminement, et en même temps un cheminement qui se doit d’être rapide car il faut être fort pour soi, fort pour les autres…

Donc il y a ce regard suppliant, et après, il y a cette culpabilité de garder espoir.

Je prends l’exemple de l’épouse. Elle voulait que je lui redonne espoir. Elle voulait entendre que son mari aurait des traitements. Elle le souhaitait, elle le souhaite, elle le souhaitera. Idem pour le mari malade.

Et ma belle-mère qui m’a fait la réflexion suivante: « Elle me fait de la peine. Elle semble avoir compris, mais à chaque bonne nouvelle, elle reprend espoir… ». Comme si vous saviez, il fallait se noyer dans le désespoir. Cette espèce de réflexion cartésienne… Cette ambivalence qui veut qu’on garde la foi, mais aussi cette peur qu’on ne nous prenne pour des imbéciles si on gardait espoir quand tout semble perdu.

Cette réflexion a la capacité, à elle seule, de faire basculer quelqu’un, quelqu’un qui a peur, quelqu’un qui sait qu’il risque de perdre un être cher, quelqu’un qui ne sait plus quoi faire, dans le désespoir le plus total…

Et à quoi cela servirait-il? A quoi? A se préparer au pire?

Et s’il y avait du meilleur?

De l’espoir, je leur en ai donné, tout en essayant de rester objective, parce que, sans espoir, autant se tirer une balle tout de suite dans la tête…

Ce ne sera plus comme avant. Toute amélioration sera une petite victoire. Et le moral, le moral, garder le moral. Rien qu’avec le mental, on arrive à déplacer des montagnes! Oui, des montagnes. Chacun sa montagne.

En la laissant, elle m’a dit: « Merci, j’ai repris espoir. Je ne sais pas si c’est à tort… » .

Non, il n’y a pas d’espoir à tort. Il y a de l’espoir. Point.

Il paraît que l’espoir fait vivre les imbéciles. Et bien, je veux bien être une imbécile, car sans espoir, que nous reste-t-il quand tout semble perdu?

Des bisous, Agnès.

 

 

Juste envie de crier que je suis heureuse!

29 avr

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Et oui, aujourd’hui, j’ai juste envie de vous dire que je suis heureuse et que je suis heureuse d’être heureuse!

Je suis heureuse dans ma tête.

Je suis heureuses dans mon corps

Je suis heureuse dans mes baskets.

Je suis heureuse d’être en bonne santé.

Je suis heureuse d’être en couple.

Je suis heureuse d’avoir une famille.

Je suis heureuse d’avoir des amis.

Je suis heureuse de faire le métier que je fais.

Je suis heureuse d’avoir un petit chez moi.

Je suis heureuse de manger à ma faim.

Je suis heureuse d’être libre.

Je suis heureuse de courir.

Je suis heureuse de dessiner, de lire, d’écrire.

Je suis heureuse de voyager.

Je suis heureuse de voir ce grand ciel bleu.

Je suis heureuse de voir mes tulipes et mes narcisses sortir de terre.

Je suis heureuse de voir mon figuier se charger de feuilles.

Je suis heureuse de rien faire.

Je suis heureuse de rêvasser.

Mais avant tout, je suis heureuse d’être heureuse au moment où je vous écris ces quelques lignes.

Personne ne sait de quoi demain sera fait mais qu’est-ce que ça fait du bien de se dire: « Je suis heureuse! »

Des bisous à toutes mes copines blogueuses! Je voudrais tellement vous voir toutes heureuses!

Agnès.

 

 

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