Archive | décembre 2015

J’ai peur d’oublier

31 déc

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Il est 23h43. Je suis seule dans ma chambre d’hôtel et j’ai peur d’oublier.

J’ai peur d’oublier que je suis quelqu’un de bien.

J’ai peur d’oublier que je suis un bon médecin.

J’ai peur d’oublier que j’ai prêté serment.

J’ai peur d’oublier que je suis fragile et qu’il faut que je me protège.

J’ai peur d’oublier que je suis tout simplement humaine.

Ces deux dernières semaines ont été très éprouvantes au niveau professionnel.

J’essaie toujours de voir le positif.  Mais ce soir, je ne veux même pas essayer.

J’en ai assez d’être forte.

J’en ai assez de donner le change.

Toute seule dans ma chambre d’hôtel, je n’ai envie que d’une chose: m’effondrer et pleurer.

Ces deux dernières semaines, j’ai vu et entendu des choses qui me dépassent.

Si vous pensez que tous les médecins font leur métier par vocation, oubliez.

Si vous pensez que tous les médecins font leur métier par passion, oubliez.

Si vous pensez que tous les médecins sont bienveillants, oubliez.

Si vous pensez que tous les médecins respectent la déontologie médicale, oubliez.

Si vous pensez que tous les médecins se souviennent qu’ils ont un jour prêté serment, oubliez.

Je suis médecin. J’ai prêté serment.

Je sais que j’ai obligation de moyen, pas obligation de résultat.

Je devrais être contente d’avoir sauvé pour Noël et le Nouvel An deux jeunes patientes qu’on donnait pour mortes, et qui le seraient très probablement à l’heure où je tape ce billet si je n’étais pas intervenue…

Mais j’ai juste envie de pleurer.

Envie de pleurer parce que j’ai l’impression qu’elles ont été ‘abandonnées’ par mes pairs…

Je ne pense pas être un meilleur médecin qu’un autre, mais j’ai la chance d’avoir eu une formation qui me pousse toujours à aller au bout des choses, de ne pas baisser les bras tant que je n’ai pas compris pourquoi tel ou tel patient ne va pas bien…

Il n’en est pas de même pour tous les médecins. Expliquez-moi pourquoi?

Parce que là, je suis lasse, je suis épuisée.

Pas épuisée à cause de mon boulot que j’adore (un peu trop) mais épuisée du ‘laxisme’ de certains de mes confrères…

Il n’est pas confraternel de ‘médire’ sur ses confrères.

Je ne médis pas, c’est simplement un constat…

Et j’aimerai bien que ces personnes m’expliquent pourquoi…

Le monde médical est un monde de requins. Je commence enfin à comprendre que si je n’arrive pas à me blinder, à faire abstraction de tous les dysfonctionnements qui m’entourent, il faudra que je change probablement de planète…

Voilà, je n’ai pas pleuré. J’ai écrit. Il est 23h58.

Note finale optimiste: heureusement, il y a aussi de très bons médecins, des médecins avec qui on peut discuter et échanger, des médecins à l’écoute de leurs malades, des médecins qui ne comptent pas leurs heures… Je suis certaine que vous en connaissez.

Redonnez-moi espoir en mon métier.

Agnès, votre petit brin de femme.

J’écris pour ne pas oublier

2 déc

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Je ne savais pas trop quelle tournure allait prendre mon blog à mon retour sur la blogosphère.

Ce sont les évènements tragiques du vendredi 13 novembre 2015 qui m’ont incité à me remettre à écrire.

Ecrire pour ne pas oublier.

Chacun est pris par son train train quotidien, chacun a ses problèmes et bien souvent on est tellement obnubilé par ce que l’on a à faire qu’on en oublie l’essentiel: vivre…

Cela va vous paraître un peu paradoxal mais pour être heureux, je pense qu’il faut être un minimum égoïste… S’octroyer des purs moments de plaisir où l’on ne pense qu’à soi et à son bien-être.

Par exemple, j’ai un nouveau rituel le matin et/ou le soir: le bain. Un bon bain chaud par ces temps froids avec des sels de bains relaxants. Pur moment de bonheur! Pour moi, le must: les produits de chez Occitane. On a presque envie de se manger les mains tellement ça sent bon.

J’écris pour ne pas oublier parce qu’il m’arrive d’oublier…

Oublier que je suis entourée de personnes que j’aime et qui m’aiment, oublier que la vie est belle, oublier que je suis une belle personne, oublier que je suis un bon médecin…

Les aléas de la vie font que personne n’est à l’abri d’un échec, de pépins de santé mais tout est une question d’attitude…

Un billet plus court que d’habitude ce matin car j’attends les déménageurs et mon chéri est déjà sur le pied de guerre (il n’est que 7h10 du matin et les déménageurs arrivent dans vingt minutes chrono!).

Des bisous, Agnès.

Quelle est la différence entre dire la vérité et médire?

1 déc

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Est-ce qu’être franche, sans langue de bois, fait de moi une personne médisante?

Selon le Larousse, « médire » signifie « Tenir sur quelqu’un des propos malveillants, révéler ses défauts avec l’intention de nuire ».

Je ne pense pas être malveillante. Je ne veux pas nuire. Mais c’est vrai que les travers des gens me font beaucoup rire. D’où ma collection ‘Les ploucs’ que j’ai mis de côtés (les aléas de la vie? le burn-out du médecin? le burn-out de la blogueuse? cela ne m’amusait plus?) Quoiqu’il en soit, le manuscrit est bien au chaud sur mon Mac. Pour une fois, j’ai fait un plan, tout a été bien pensé avec une certaine logique, et sans vouloir me vanter, c’est très drôle.

Mais bon comme des milliers de Français, j’ai moi aussi un manuscrit et pour se démarquer dans ce monde, il ne suffit pas de bien écrire. Il y a a plein de blogueuses qui écrivent aussi bien, voire mieux que moi (je suis assez sélective depuis mon retour sur la blogosphère. C’est plus honnête que de m’abonner à plusieurs blogs que je ne lirai jamais). Aussi, dans la vie tout est question d’opportunités et l’opportunité ne s’est pas encore présentée à moi. En attendant d’avoir cette opportunité ou pas, mon manuscrit restera là où il est ET sur Dropbox (pas conne cette nana…)!

Pour rigoler, je l’offrirai bien à mon beau-père pour Noël…

Voilà, je m’éloigne de mon sujet. C’est le problème de taper à la ligne sans  aucun plan!

Donc, suis-je médisante? Je ne pense pas. Mais bon, mon chéri m’a déjà dit à plusieurs reprises que j’étais une ‘langue de vipère’… Il n’est pas très tendre avec moi des fois… J’ai beau essayer de lui prouver le contraire, que je dis seulement la vérité, il n’adhère pas à ces ‘blas blas’…  Tant pis, j’ai les bonnes copines pour ces blas blas. Les hommes, c’est connu ça n’aime pas blablater… Oui, c’est cela… Moi je connais des mecs bien pires!

Rigoler des travers des autres, mettre le doigt sur LE petit truc, dire tout haut ce que les autres pensent tout bas, pour moi, ce n’est pas médire. Après vous pouvez ne pas être d’accord avec moi.

Mais vraiment cela m’amuse d’observer les gens, de les analyser. Cela ne me prend pas beaucoup de temps et je trouve que mon jugement n’est pas forcément mauvais.

Bien entendu, seuls les idiots ne changent pas d’avis et cela m’amuse aussi de voir que je me sois trompée!

Mais ne vous inquiétez pas je ne manque pas non plus de tact. Je sais me tenir en société. Je ne suis pas non plus la grosse lourd-dingue qui blablate à tout bout de champ pour embarrasser les autres. Mais c’est mon plaisir d’analyser les gens en petit comité avec une bonne copine ou mon chéri (mauvaise idée avec le chéri car cela ne l’intéresse pas le moins du monde). D’ailleurs, je rigole bien de moi-même. J’apprends à me connaître et je rigole de mes propres travers. Je me trouve plutôt lucide comme nana. Je suis tout sauf une hypocrite!

Est-ce que vous aussi vous vous amusez d’un rien? Vous faites vous aussi traiter de ‘langue de vipère’ par votre chéri alors que vous ne faites que dire la vérité?

Voilà pour mon billet du jour.

Gros bisous, Agnès.

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