Archive | 2 avril 2016

Un petit bout d’homme, une leçon de vie

2 avr

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Dans la vie, il faut relativiser et se réjouir de tous les trucs chouettes qui nous arrivent.

Cette semaine, j’étais en déplacement professionnel.

Du coup, je n’ai pas eu le temps de lire les nouveaux billets sur Hellocoton et encore moins de les commenter…

Ce que j’aime dans ces déplacements, c’est rencontrer de nouvelles personnes, comparer ma pratique avec celle d’autres confrères. C’est vraiment enrichissant. Le revers de la médaille c’est que je ne suis pas chez moi… Une semaine, ça va. Deux semaines, ça commence à piquer et trois semaines, c’est difficile…

Bref, cette semaine j’ai rencontré une personne qui, à mon sens, est un exemple de courage.

J’ai une espèce de sixième sens… Un truc chelou… J’arrive rapidement à me faire une opinion des gens, bonne ou mauvaise, et en général, je me trompe rarement, très rarement… Je parle souvent de ‘bon fond’ qui est, selon moi, la chose la plus importante.

Donc j’ai rencontré cette personne cette semaine. La première impression est bien souvent la bonne. Il m’accueille avec le sourire, la pêche. Il a de l’humour. Super!

Pas une seule seconde je ne me suis douté que ce bout d’homme était malade, est malade: il souffre d’une maladie neurodégénérative…

Il en parle ouvertement: il me parle de son traitement actuel, de ses traitements passés, un peu de son quotidien, un peu aussi de ses craintes.

Ce n’est pas mon patient. C’est un collègue.

Il en parle mais il ne se plaint pas. Cela fait plus de 20 ans qu’il se bat contre cette maladie. Vingt ans qu’il doit avoir peur du handicap que pourrait, à terme, causer sa maladie. « Plutôt mourir que vivre handicapé ». Moi qui suis plutôt bavarde, bout en train, je ne sais pas trop quoi répondre… Je fais un « Ohhh… » réprobateur, mais en même temps un « Ohhh… » qui veut dire: je ne sais pas ce que c’est, je ne sais pas ce que je ferai, je ferai peut être pareil…

C’est un homme qui a l’air d’aimer la vie mais la vie ne l’a pas épargné. Mais il ne se plaint pas. Il est sous traitement. Il doit être fatigué mais il ne se plaint pas. Il ne se plaint pas. De fil en aiguille, il se laisse à me confier qu’il a des problèmes au travail, notamment avec un collègue. Un petit jeune tout fraîchement diplômé qui pense tout savoir sur tout…

En justicière des « opprimés » (ce n’est pas un opprimé cet homme, c’est un warrior), j’aurai envie d’aller voir la direction, d’aller leur dire « Mais merde, vous avez une pépite dans votre service et vous ne la voyez pas! » Cet homme qui vient travailler tous les jours avec sa maladie, avec ses doutes, ses craintes, mais qui fait le boulot, qui le fait bien, qui a un CV à faire pâlir n’importe qui, vous le laissez se faire ‘harceler’ par un petit merdeux qui sort à peine de l’école…

J’ai envie de crier tout ça. J’ai envie.

Mais je n’ai aucun pouvoir… Je ne suis que le médecin remplaçant. Et quand bien même je serai le médecin de la structure, quel poids aurais-je?

Bref, je voulais saluer le courage de cet homme, saluer son combat, sa soif de vivre.

Voilà pour mon petit billet en ce samedi matin.

Bises et à bientôt.

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