Archive | mai 2016

Quand tu ne sais pas quoi écrire…

16 mai

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J’ai créé ce blog parce que j’avais besoin de parler, besoin de partager, besoin d’échanger, besoin de pousser des coups de gueule, besoin de lire d’autres personnes, besoin de communiquer avec des personnes réelles autres que celles de mon entourage.

Il me manquait quelque chose dans ma vie. Je ne peux pas dire si j’ai trouvé ce quelque chose dans la blogosphère. Mais je suis très contente de cette expérience.

Quand l’on dit à quelqu’un que l’on tient un blog, bien souvent, ça étonne, ça interpelle. Parfois, ça met mal à l’aise. Des fois, on me demande si j’ai du succès…

Le succès, je pense que peu d’entre nous écrivons pour le succès. Bien entendu, cela fait énormément plaisir d’être lu. Sinon, on se serait contenté de tenir un banal journal intime. Mais là, on publie. Tout est publique. N’importe qui peut tomber sur nos billets, sur nos états d’âme. On adore toutes voir des « J’aime ». On adore toutes voir les commentaires des copines. On adore lire les billets des copines. On adore commenter les billets des copines. On adore faire de nouvelles rencontres.

Cela nous rend heureux de lire que les copines sont heureuses, et triste de lire qu’elles sont tristes.

Au-delà du succès, je pense que ce que recherchent les blogueuses humeurs, c’est de la bienveillance, de la compassion, toute cette humanité qu’il semble bien souvent manquer dans notre entourage.

On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas forcément ses amis dans la vraie vie, mais on choisit celles qu’on veut suivre sur la blogosphère, et des fois, je me dis que je partage bien plus avec celles que je lis sur la blogosphère qu’avec mes amis de la vraie vie.

Après, bien sûr, il y a des biais, comme dans tout. Il n’y a pas d’interactions directes. Tout est plus réfléchi même si on se veut être le plus authentique possible. C’est peut-être ce qu’il faudrait à notre société. De la réflexion…

Ce que j’ai de plus en plus de mal à supporter, ce sont l’égoïsme et l’égocentrisme des gens. Avant, je disais que c’était la mauvaise foi. Maintenant, ce sont l’égoïsme et l’égocentrisme.

Moi, moi, moi. Moi, moi, moi. Toujours moi.

Malgré tout ce qu’on peut dire, je ne pense pas qu’il puisse y avoir de l’égoïsme ou de l’égocentrisme dans la communauté blogueuses humeurs.

C’est un partage perpétuel.

C’est ma vision des choses. Mais je peux me tromper.

Voilà, je ne savais pas trop quoi écrire ce matin.

Des bisous et à très vite.

Agnès, votre petit brin de femme.

La censure par le conjoint…

12 mai

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Ah, je vois déjà la tête de certaines d’entre vous (ou du moins je m’imagine vos têtes :) )!

Non, ce n’est pas possible. De quel droit? Pour qui il se prend?

Après tout, on écrit ce que l’on veut. On est libre de faire ce que l’on veut.

Et bien, oui et non. J’ai toujours écrit comme je voulais. J’écris comme je parle. J’utilise les mêmes mots, les mêmes phrases, les mêmes tournures de phrases.

Mais voilà, mon blog n’est pas complètement anonyme, puisque je l’ai partagé avec des personnes que je jugeais de confiance… Et donc, je ne suis plus libre de dire ce que je veux, de peur de vexer un tel ou un tel.

Personnellement, j’encaisse assez facilement la critique. Bon, comme tout le monde, ça ne me fait pas plaisir d’être critiquée. Je boude, des fois je pleure, des fois je râle, mais après je me remets en question. Malheureusement, ce n’est pas donné à tout le monde.

Du coup, j’ai un dilemme: dois-je arrêter d’écrire sous ce pseudo et me créer un nouveau profil?

Franchement, j’en n’ai pas envie. Je l’aime bien mon pseudo et même mon blog, même s’il est des plus basiques (je suis un peu une neuneu de l’informatique…).

Bref, je ne sais plus. Après, si c’est pour me faire censurer à chaque fois, ça risque de ne plus être très drôle.

Sinon, je me dis que ce serait un bon exercice: apprendre à écrire de façon plus générale, apprendre à avoir plus de tact.

Ce n’est pas toujours bon d’être frontale et de dire tout ce qui vous passe par la tête.

Bises les filles et à très vite.

Pourquoi culpabilise-t-on de garder espoir?

4 mai

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En tant que médecin, je suis quotidiennement confrontée à l’annonce de maladies graves et à la mort.

Chacun réagit différemment à une telle annonce.  Mais curieusement, alors que tout le monde aspire à aller mieux, que tout le monde aspire à un dénouement heureux, je remarque que, paradoxalement, bon nombre culpabilisent de garder espoir.

Pas plus loin qu’hier, j’ai été confrontée à cette espèce de ‘culpabilité’…

A la demande de mes beaux-parents, je suis allée hier rendre visite à un de leurs amis, actuellement hospitalisé pour la découverte récente d’un cancer d’emblée métastatique.

Je n’y suis pas allée en tant que médecin mais plus en tant qu’amie…

Je savais à peu près à quoi m’attendre puisque c’est mon quotidien..

Il y a eu des pleurs, des peurs verbalisées, du désespoir, un soupçon de colère, quelques regrets, des ‘j’aurais pu mieux faire’, des ‘si j’avais su’, et enfin toujours ce regard suppliant, toujours ce même regard qui demande sans le verbaliser: « Vais-je m’en sortir? »

Malheureusement, on ne guérit pas d’un cancer métastatique. Mais qui dit, pas de guérison, ne dit pas forcément mort imminente. Il y a cancer et cancer, et métastase et métastase…

Faire le deuil de la bonne santé, accepter qu’on ne sera plus comme avant, accepter qu’on aura un traitement à vie, tout ça est extrêmement difficile à encaisser, surtout quand, il y a encore deux mois, tout allait bien et qu’on disputait un tournoi de tennis…

Extrêmement difficile, surtout quand tout le monde vous dit: « Bon courage… », avec ce regard d’une infinie compassion, qu’à force, on ne supporte plus de voir parce que: « Oui, on veut croire que ça va aller mieux. Oui, on veut croire que les traitements spécifiques vont l’aider à s’en sortir! »

C’est un très long cheminement, que ce soit pour le malade et pour la famille. Un long cheminement, et en même temps un cheminement qui se doit d’être rapide car il faut être fort pour soi, fort pour les autres…

Donc il y a ce regard suppliant, et après, il y a cette culpabilité de garder espoir.

Je prends l’exemple de l’épouse. Elle voulait que je lui redonne espoir. Elle voulait entendre que son mari aurait des traitements. Elle le souhaitait, elle le souhaite, elle le souhaitera. Idem pour le mari malade.

Et ma belle-mère qui m’a fait la réflexion suivante: « Elle me fait de la peine. Elle semble avoir compris, mais à chaque bonne nouvelle, elle reprend espoir… ». Comme si vous saviez, il fallait se noyer dans le désespoir. Cette espèce de réflexion cartésienne… Cette ambivalence qui veut qu’on garde la foi, mais aussi cette peur qu’on ne nous prenne pour des imbéciles si on gardait espoir quand tout semble perdu.

Cette réflexion a la capacité, à elle seule, de faire basculer quelqu’un, quelqu’un qui a peur, quelqu’un qui sait qu’il risque de perdre un être cher, quelqu’un qui ne sait plus quoi faire, dans le désespoir le plus total…

Et à quoi cela servirait-il? A quoi? A se préparer au pire?

Et s’il y avait du meilleur?

De l’espoir, je leur en ai donné, tout en essayant de rester objective, parce que, sans espoir, autant se tirer une balle tout de suite dans la tête…

Ce ne sera plus comme avant. Toute amélioration sera une petite victoire. Et le moral, le moral, garder le moral. Rien qu’avec le mental, on arrive à déplacer des montagnes! Oui, des montagnes. Chacun sa montagne.

En la laissant, elle m’a dit: « Merci, j’ai repris espoir. Je ne sais pas si c’est à tort… » .

Non, il n’y a pas d’espoir à tort. Il y a de l’espoir. Point.

Il paraît que l’espoir fait vivre les imbéciles. Et bien, je veux bien être une imbécile, car sans espoir, que nous reste-t-il quand tout semble perdu?

Des bisous, Agnès.

 

 

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