Archive | juin 2016

Pendant 2 mois, j’ai cru que j’allais être maman…

27 juin

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Mon dernier billet date d’environ un mois et demi.

J’étais sur mon petit nuage. Je n’avais ni le temps ni l’envie d’écrire.

J’avais ce petit secret que je gardais jalousement. Seules quelques personnes de mon entourage proche étaient au courant, et aujourd’hui, je me dis, amèrement, que nous avons bien fait de garder le secret…

J’attendais donc avec impatience le jeudi 30 juin, date présumée de ma première échographie de grossesse, pour vous annoncer que j’étais enceinte.  Mais la nature en a décidé autrement.

Hier, j’ai fait une fausse-couche.

Cela a commencé dans la nuit du samedi au dimanche par des pertes brunâtres en m’essuyant puis dimanche, des saignements plus importants et plus rouges accompagnés de douleurs dans le bas ventre. Cela faisait également quelques jours que mes seins n’étaient plus aussi tendus.

Je suis médecin. Je dois forcément savoir ce qu’il m’arrive. Oui et non. Oui, j’ai pensé tout de suite à une fausse-couche. Non, j’espérais, je priais que ce soit autre chose.

En définitif, c’était bel et bien une fausse-couche. Le gynécologue de garde a été super. Très empathique, très humain, très rassurant quant aux futures grossesses. La sage-femme maladroite, mal à l’aise.

Il y a plus de 200 000 fausses-couches par an. Plus d’une grossesse sur quatre se termine par une fausse-couche.

C’était ma première grossesse.

Pendant deux mois, j’ai eu tous les symptômes de la grossesse. Pendant deux mois, je me suis fait une joie à l’idée de devenir une maman. Pendant deux mois, j’ai pensé qu’on était deux; trois avec mon conjoint. Pendant deux mois, j’ai aimé cet ‘enfant’ qui, je pensais, grandissait en moi. Pendant deux mois, j’ai pris soin de mon alimentation, fait attention à moi parce que je n’étais plus seule. Pendant deux mois, j’ai été fière de voir mon ventre s’arrondir. Pendant deux mois j’ai été fière de porter l’enfant de l’homme que j’aime. Pendant deux mois, je me suis imaginée mon enfant. Pendant deux mois, je lui ai parlé. Pendant deux mois, je l’ai aimé.

Dans mon cas, c’était un oeuf clair. Un oeuf clair résulte d’une grossesse arrêtée, non évolutive. Depuis combien de temps? On ne sait pas vraiment le dire.

Quand on me l’a annoncé,  je me suis sentie bête. Tout simplement bête.

C’était un oeuf clair, un oeuf sans embryon. Et là, j’étais en train de faire une fausse-couche.

Le fait qu’il n’y ait pas d’embryon a rendu la situation, on va dire, moins difficile à vivre. A une heure du matin, au bout de plusieurs heures de contractions utérines vraiment douloureuses (et je suis dure au mal), j’ai expulsé l’oeuf, pliée en deux sur les toilettes… Je n’ose même pas imaginer si ça avait été un foetus…

A l’heure où je vous écris ce billet, je suis comme amorphe, anesthésiée, fatiguée, épuisée. J’ai passé la journée à pleurer, à lire les témoignages d’autres femmes qui, comme moi, ont fait une fausse-couche.

Dans la maison, il y a plein de petites choses qui me rappelle cette grossesse tant désirée: des petits chaussons que j’ai tricotés, une brassière en cours de tricotage, mon cahier de grossesse acheté dans une station-service lors d’un de mes nombreux déplacements professionnels, une petite grenouillère Jacadi toute mignonne achetée il y a une semaine, mon test de grossesse que j’ai gardé dans une boîte à chaussures Repetto, le body et les chaussures achetés par la mamie, les résultats de ma prise de sang avec les beta-HCG sur mon ordinateur, les vêtements de grossesse que j’ai achetés sur internet… J’ai d’ailleurs un colis avec des vêtements de grossesse que je n’ai pas encore ouvert. En cadeau dans ce colis, il y a un biberon anti-coliques…

Je culpabilise même si je sais que je n’y suis pour rien.

A l’heure actuelle, je ne veux voir personne, je ne veux parler à personne.

Je voudrais que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve.

Je voudrais avoir, jeudi prochain, ma toute première échographie et voir bouger mon petit et entendre battre son coeur.

Je voudrais vous dire que je suis enceinte.

Je voudrais à nouveau être deux.

J’avais besoin de partager cette épreuve de vie difficile.

Maintenant, j’ai besoin de faire le deuil de cette grossesse.

J’ai besoin de passer à autre chose.

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